Quel match pouvait mieux tomber que celui-ci pour vous expliquer ma relation avec l’équipe de Suisse que ce mythique déplacement à Chișinău ?

Vous le verrez au fur et à mesure que je publierai les articles, j’ai vu l’équipe de Suisse évoluer à pas mal d’endroits, en Suisse mais surtout à travers l’Europe. Et pourtant, je vais être honnête : cette équipe ne m’a jamais fait vibrer. J’ai essayé pourtant, je vous l’assure. Mais rien n’y fait. Alors que la plupart des gens non-fans de foot se découvrent des instincts patriotes à chaque gros événement (avant de subitement les oublier à la première élimination venue), moi je n’y arrive pas. Cela suscite souvent l’incompréhension et des discussions parfois tendues, et mon but n’est pas de convaincre qui que ce soit que j’ai raison.

Pourtant, cela ne m’empêche pas d' »utiliser » notre Nati comme prétexte pour arpenter l’Europe et découvrir de nouveaux pays dans lesquels je n’aurais probablement jamais mis les pieds sans le foot. Et on commence ici avec la Moldavie, ancienne république soviétique qui ne fait pas rêver grand monde. Et soyons clair, vous ne rêverez pas plus d’y aller à la fin de cet article ! Par contre, les anecdotes durant ce séjour ne manquent pas.

Le plus sympa quand tu décides d’aller en Moldavie, c’est de trouver le moyen de s’y rendre justement. Il y a certes un aéroport à Chișinău, mais dans mes souvenirs les prix des vols étaient rédhibitoires. Il a donc fallu trouver autre chose, et après une concertation (nous étions quand même plus d’une dizaine à faire le voyage), l’itinéraire choisi fût le suivant :

Genève-Milan en voiture, avec un arrêt juste après le Mont-Blanc pour récupérer des voyageurs supplémentaires. Puis vol Milan-Bucarest. Jusque là, tu te dis que ça va encore. Mais après avoir gagné l’équivalent de 50 centimes dans un casino roumain, départ en … train pour Chișinău. Durée du trajet (train uniquement !) : 14h. Voilà voilà…

Ce qui s’est passé dans ce wagon y restera, mais j’ai quand même vécu l’un des pires réveils de ma vie. Après m’être assoupi la tête contre la fenêtre, j’ouvre les yeux et je me rappelle avoir dit « mais putain, on monte ! ». Genre on ne roule plus, mais on monte à la verticale. Alors ok, j’avais 2-3 bières dans le nez, mais quand même. Et bien figurez-vous qu’il ne s’agit pas d’une hallucination, mais d’un changement d’essieu de chaque wagon, la largeur des rails entre les pays d’ex-Union soviétique et d’Europe n’étant pas les mêmes ! C’est donc durant plusieurs heures que les wagons sont un à un soulevés pour être préparés pour le passage de la frontière. A ce moment-là. t’es au milieu de nulle part, de nuit et quand t’as la bonne idée d’ouvrir la porte du wagon (une fois reposé au sol, quand même), t’as des flics ou militaires armés qui te déconseillent de descendre. Je crois que rien que pour avoir vécu ça, ça valait la peine d’y aller.

Une fois arrivés dans la ville, on a l’impression que le temps s’est arrêté il y a 25 ans. Tout est vieux, délabré, pauvre, ça fait assez peine à voir. Le tour en ville fut du coup assez bref, juste le temps de récupérer nos billets qui nous avaient été dégotés par Gelson Fernandes, avec qui certains avaient des contacts. Notre hôtel « de luxe », payé une broutille, n’aurait pas été classé 2* chez nous et j’ai souvenir que la douche s’était littéralement cassée sans même que l’on ne comprenne comment ni pourquoi.

Le match en tant que tel, j’avoue ne pas beaucoup m’en rappeler, si ce n’est la présence de gens sur leurs balcons dans les immeubles situés derrière le stade qui avaient une vue privilégiée sur le match et la présence d’un « célèbre » supporter genevois débarqué le jour même en avion car il n’avait pas pu résister à l’idée de venir voir ce beau pays.

A la sortie, tout le monde s’engage dans la même direction et nous, plus malins que les autres, on part à l’opposé dans le but de trouver un taxi. On se fait héler par un type devant sa voiture qui nous dit être taxi. Après une petite négociation, on décide de monter. A ce moment-là, le mec ouvre son coffre, sort un vieux panneau « taxi » et le pose sur son toi. Autant vous dire que je doute que sa voiture soit homologuée par la société de taxi locale. Et j’avoue que c’est avec un certain soulagement que l’on est arrivé devant notre hôtel car sur le moment, on a eu certains doutes quant à l’itinéraire emprunté.

La soirée finira dans un bar « traditionnel » vais-je dire, dans lequel tu payes ta bière 14€ juste parce que dans ton dos, y’avait une fille qui dansait. A ce prix-là, on aurait au moins pu en profiter pour regarder. Mais je m’égare.

Le lendemain, on refait le trajet inverse, identique à l’aller. Avec pour bien couronner le tout une amende de plus de 200 balles suite à un contrôle radar sur le trajet entre Milan et Genève.

Ce déplacement date d’il y a plus de 10 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Et je pense que je ne suis pas le seul des participants pour qui c’est le cas.

Fiche technique

28 mars 2009

Moldavie-Suisse 0-2

Éliminatoires Coupe du Monde 2010

Stadion Zimbru, 10’000 spectacteurs

Prix du billet : invitation

Matchs durant le même séjour : aucun

3 commentaires sur « 2009-03-28 Moldavie-Suisse »

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