Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de mes déplacements à Dresden. Des fois, ça parlait d’un trajet complètement foireux, d’autres d’un match exceptionnel en tribunes. Et si je vous contais l’histoire d’un match à Dresden qui combine les deux ?

Ce match s’annonçait particulier pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il s’agit d’un derby. Ensuite, c’est le dernier match à domicile pour le Dynamo avant la trêve de Noël, moment toujours assez sympa dans les stades allemands. Et, last but not least, il s’agissait du dernier match durant lequel « Lehmi », le capo historique des Ultras Dynamo, dirigerait sa tribune.

Le capo, dans le jargon ultra, c’est la personne charger de coordonner les chants, le « meneur d’ambiance » comme certains l’appellent. Celui qui passe son match dos au terrain et qui est souvent vu comme un fou. Mais également celui dont tout le monde ou presque connait le visage. C’est d’autant plus vrai à Dresden, puisque ça fait 15 ans que Lehmi dirige sa tribune de main de maitre ; c’est presque un show à lui tout seul. Je savais donc avant le match que ce serait son dernier match, je ne pensais en revanche pas que la fête serait aussi belle.

Allez, une petite vidéo pour se faire plaisir avant la suite…

Avant d’assister à cette belle journée, il a fallu effectuer le trajet. Et une fois encore, j’ai du faire preuve d’imagination. Le match avait lieu un dimanche à 13h30 et il m’était impossible de quitter Genève avant 18h le samedi, sachant que l’option avion était impossible. C’est donc une nouvelle fois en train que je m’y suis rendu. Le souci du trajet : une attente de 4h à Frankfurt, entre 2 et 6h du mat’ en gros. Comme je n’ai plus l’âge des nuits blanches et aucune envie d’aller trainer en bar/boite, pas plus que de dormir dans la gare (rappel. nous sommes en Allemagne le 3 décembre, il fait -8° !), je décide de prendre une chambre dans un hôtel juste en face de la gare. Et à voir la tête du réceptionniste aussi bien à mon arrivée qu’à mon départ, je me doute qu’il a pas l’habitude de voir beaucoup d’hommes arriver seuls dans son hôtel à cette heure-là…

Le réveil est difficile mais les quelques heures de train qui me séparent de la plus belle ville d’Allemagne me permettront d’arriver à bon port en forme. Juste le temps de poser mes affaires à la consigne et de me rendre au stade, on n’est pas loin d’une précision bien helvétique.

Le stade est évidemment plein mais malgré l’affiche, pas de tifo ce qui sera la seule déception de la journée. L’ambiance durant 90 minutes est l’une des meilleures que j’ai vécu ici, le fait d’écraser l’un de ses nombreux ennemis sur le terrain aidant bien évidemment. Le parcage est plein lui aussi, mais audible qu’à de très rares occasions.

Puis vint « enfin » la fin de match, moment de célébration du capo dont je parlais plus haut. Capo dont le vrai nom n’est autre que Stefan Lehmann ; tous les Genevois qui liront ces lignes comprendront que ça m’a fait bizarre d’applaudir un nom pareil…

Il ira sur le terrain célébrer avec chacun des joueurs (qui le connaissent évidemment tous) et prendra la parole de longues minutes devant tout le stade, sous les yeux d’une tribune qui s’embrase et après avoir pu lire un nombre incalculable de banderoles, présentes dans tout le stade, le remerciant pour ses années à la tête de la tribune. Ca a duré un bon quart d’heure et le stade ne s’est vidé que très partiellement, tout le monde souhaitant vivre ces adieux. Ce n’est pas tous les jours, et pas dans tous les pays, qu’un leader ultra est fêté de la sorte, preuve que l’Allemagne a un petit temps d’avance à ce niveau-là. Pour la petite anecdote, il deviendra employé du club quelques semaines plus tard.

Pour ceux qui ont 7 minutes devant eux, n’hésitez pas à aller voir cette vidéo. C’était vraiment un moment à part.

Il a bien fallu sortir au bout d’un moment, car j’avais un train à prendre, direction… Berlin. Histoire de ne pas rater mon vol tôt le lendemain matin pour rentrer sur Genève. Incontestablement la plus belle, même si l’une des plus courtes, visites à Dresden à ce jour. Vivement la prochaine !

Fiche technique

3 décembre 2017

SG Dynamo Dresden-FC Erzgebirge Aue 4:0

2. Bundesliga, Deutschland

Rudolf-Harbig-Stadion, 30’453 spectateurs

Prix du billet : 45.10€

Matchs durant le même séjour : aucun

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