Je n’ai jamais visité un stade avec comme objectif de me trouver un club à supporter. Depuis tout petit, je vibre pour le Servette FC et depuis pas mal d’années maintenant, j’ai un gros faible pour l’AS Saint-Etienne. Je n’ai aucun besoin de « supporter » un autre club, d’autant que ce verbe mérite qu’on s’y arrête deux secondes.

Dans MA vision des chose, qui n’a pas vocation à être la pensée unique bien évidemment, on ne peut être supporter que d’un club. Parce que supporter, ça ne veut pas dire s’installer le samedi après-midi devant la TV et se toucher la nouille devant un club qui évolue dans un stade dont on n’a jamais vu la couleur. Il y a plein de visions du supportérisme, mais les relations polygames en la matière me paraissent tout de même très compliquées. Dans mon cas, malgré mon gros penchant pour l’ASSSE et le Dynamo, sur lequel je reviens juste après, je ne me revendique supporter que d’un club : celui avec lequel j’ai grandi, dont je connais l’histoire, les rivalités, l’environnement et tout le reste.

Pourtant, malgré tout ça, je dois bien avouer que j’ai eu un véritable coup de foudre pour un autre club en ce samedi de mai 2015. Un truc que je n’avais jamais ressenti (et que je n’ai jamais ressenti depuis), dans un stade. Et j’ai même la chance de pouvoir me remémorer ce moment précis au moyen de la vidéo ci-dessous. C’est exactement à ce moment-là que mon cœur a basculé. Ce n’est pourtant pas le chant le plus impressionnant qu’il m’ait été donné d’entendre, et pourtant.

Pour saisir la portée de la chose, il faut que je contextualise ce match. Un an presque jour pour jour auparavant, le Dynamo descendait de 2e en 3e division lors d’une défaite à domicile lors de la denière journée et la banderole déployée par les ultras était claire : «  »Ihr habt eine Stunde, unsere Stadt zu verlassen ». Soit en français « Vous avez une heure pour quitter la ville », destinée aux joueurs qui me méritaient, selon leurs ultras, pas de porter le maillot du Dynamo. C’est d’ailleurs en partie cette banderole qui m’avait donné envie de me rendre à Dresden.

Un an plus tard le Dynamo reçoit, pour la dernière journée de 3. Liga, l’un de ses nombreux ennemis : le FC Hansa Rostock (dont j’ai déjà parlé ici et surtout ici). Ce match ne sert quasiment à rien puisque le Dynamo terminera à la 6e place et que le Hansa, à moins d’un invraisemblable retournement de situation, ne peut plus être condamné à la relégation.

Obtenir un billet n’a pas été évident et j’avoue ne plus me rappeler par quel biais j’étais passé ; peut-être bien Viagogo d’ailleurs, chose dont je ne serais pas fier, mais le mal est fait. Une chose est sûre, c’est que nous étions idéalement placés.

Autour du stade, je perçois un petit quelque chose qui me plait bien. Un engouement assez unique pour un match inutile d’une troisième division, mais l’ambiance est à la fête. Le stade est plein, il fait beau et chaud, ça allume des pots de fumée à l’entrée des joueurs ; tout ça commence à bien me plaire.

Je me rappelle que le Dynamo a gagné 2-1, mais je n’ai aucun souvenir du match. Tout ce dont je me rappelle, c’est d’avoir passé 90 minutes à regarder le « K-Block » et à en prendre plein les yeux et les oreilles. Pourtant, je ne suis pas un novice ces stades et il en faut pas mal pour me séduire, mais là il s’est vraiment passé un truc particulier. C’est dur à expliquer, les ultras les plus puristes diront que c’est impossible à ressentir et je dois bien avouer que jusqu’à ce 23 mai 2015, je le pensais aussi. Comme quoi, on n’est jamais à l’abri.

Du côté du parcage, j’avoue que vu ma position et mon ressenti du jour, je n’y ai porté qu’une légère attention. Mais ils ont bien profité des quelques moments de blanc laissés par le public local pour se faire entendre et j’allais avoir bien le temps de les découvrir par la suite.

La fin du match est sifflée et est presque fêtée comme un titre (j’exagère un peu, d’accord !). Assez incroyable quand on connait les conditions dans lesquelles s’était terminée la précédente et que j’ai évoquées plus haut. En guise de conclusion à cette belle journée, un échange entre les joueurs et le public après le match que j’ai immortalisé ci-dessous.

Depuis ce jour là, je suis retourné 12 fois voir le Dynamo à domicile (en plus d’un concert de Rammstein dans ce même stade). Je les ai également du 21x à l’extérieur, dans 20 stades différents. Je suis leurs résultats assidument et n’ai qu’une hâte, celle de retourner dans la plus belle ville d’Allemagne dès que je le pourrai. Pourtant, malgré tout ça, je me considère moins supporter de ce club que tous ceux qui clament leur amour de Marseille sans savoir à quoi ressemblent la Cannebière ou le Vieux-Port (la liste d’exemples de ce style est infinie. On ne peut être supporter que d’un club, selon moi. Mais ça n’empêche pas d’avoir quelques fortes attaches ailleurs et de me comporter comme un supporter du Dynamo lorsque je suis au stade. Chacun verra midi à sa porte sur ce sujet ; pour ma part, c’est comme ça que j’ai décidé de vivre la chose.

Ce jour-là, je n’avais fait qu’un petit tour en ville ; suffisant pour me donner un petit goût de reviens-y, mais pas encore pour tomber sous le charme. Ca, ça ne viendra que lors de mes nombreuses visites futures (que je vous ai notamment contées ici, ici et ici pour les plus marquantes).

Maintenant je ne plus qu’une hâte : qu’on en finisse avec ce putain de virus et que je puisse me retaper mes 12h de train pour rentrer dans mon « chez moi » allemand.

Fiche technique

23 mai 2015

SG Dynamo-Dresden-FC Hansa Rostock 2:1

3. Liga, Deutschland

Rudolf-Harbig-Stadion, 29’534 spectateurs

Prix du billet : 33€

Matchs durant le même séjour : 1. FC Union Berlin-Eintracht Braunschweig

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