Ce match entre l’Angleterre et la Russie à Marseille avait tout pour être mouvementé. Le retour des Anglais sur la Cannebière après les affrontements lors de la Coupe du Monde 1998 et la présence, si ce n’est annoncée mais du moins fortement suspectée de hooligans russes, faisaient de ce match une affiche explosive. Et bien qu’étant en possession de billets pour Suisse-Albanie, la décision de les céder pour nous rendre du côté de Marseille est rapidement prise.

Il s’agit du premier match de notre Euro, le départ est donc fixé le matin même direction Nice. Le temps de prendre nos quartiers et de manger un morceaux qu’il est déjà l’heure de nous rendre à la gare. Où l’on a la chance d’apprendre que, suite à une grève des conducteurs de train (ça alors, une grève en France ?!), seul un TGV sur 3 circule. Le notre partira bien, mais les passagers des deux précédents seront invités à embarquer également. Je n’ai jamais vu autant de monde sur un quai de gare et imaginer trouver une place assise dans le train s’avère quasiment mission impossible.

C’était sans compter sur un don que j’ai eu la chance de développer ce jour-là et qui me servira à nouveau quelques mois plus tard à München : celui de réussir à attendre un train pile poil à la hauteur d’une porte. Dès que cette dernière s’ouvre, on parvient à s’engouffrer à l’intérieur et à prendre les deux premières places que l’on peut choper. Comme prévu, le train est surchargé et malgré les multiples appels du conducteur, personne ne descend. Les gens sont debout, assis dans les escaliers, voire même dans les toilettes pour certains. Autant vous dire que je ne suis pas mécontent d’avoir trouvé une place assise. J’aurai même un compagnon inattendu puisqu’un type avait son chat dans une caisse de transport. Comme il paraissait affolé, j’ai pris la caisse sur mes genoux durant les 3h de trajet. Cette journée débutait bien.

Le train a évidemment pris du retard et quelques longues minutes avant d’arriver sur place, j’ai écho de ce qui est en train de se passer sur le Vieux-port. Ca parle de scènes de guérilla, de hooligans russes ayant réglé leur compte aux Anglais ; Marseille semble à feu et à sang. Et même si nous sommes arrivés après le gros des événements, c’est un spectacle assez irréel que nous allons voir sous nos yeux.

De la sortie de la gare au Vieux-port, je n’ai pas souvenir d’une rue dans laquelle je n’ai pas vu des gens courir (flics, Anglais, habitants, mais pas de Russes) ou des flics s’agiter. Ca part littéralement en vrille un peu partout et pour la majorité de ce que j’ai vu, les affrontements opposent des Marseillais aux forces de l’ordre. Dire que la ville est en état de siège est sûrement un peu fort, mais c’est un joyeux bordel comme je n’en avais jamais vu auparavant. Ca ne m’empêchera pas de boire un Ricard sur le Vieux-port, mais l’ambiance sonore, vaste mélange entre pétards et sirènes, est quelque peu étrange.

Les vidéos de cette journée parlent bien mieux que moi de ce qu’il s’est passé ce jour-là, mais une chose est sûre, c’est que durant une longue partie de celle-ci, il n’y avait pas ou peu de Russes. Et pas beaucoup plus d’Anglais.

Même si la rumeur du report du match nous est vaguement remontée aux oreilles, il n’en est rien et il est maintenant temps de faire ce que beaucoup de « supporters » de l’OM hors de Marseille n’ont jamais fait : aller au Stade Vélodrome. Devant lequel le dispositif policier est à la hauteur de ce que vous pouvez imaginer.

J’ai déjà dit plusieurs fois tout le bien que je pense des Anglais dans un stade et je ne changerai pas d’avis après ce match, même si le « God save the Queen » m’a évidemment mis les frissons. On ne sera pas beaucoup plus gâtés par la prestation des Russes, vocalement parlant du moins. En revanche, vu le nombre de tatanes distribuées par ceux-ci aux Anglais situés trop proches d’eux, ils ont largement gagné le combat « physique ».

Ce match s’annonçait particulièrement animé et il l’a été. Je préfère évidemment assister à un affrontement vocal et visuel en tribunes, mais il faut bien réaliser qu’un match comme celui-ci ne représente qu’un événement isolé parmi une quantité de matchs durant lesquels rien de tout ça n’a lieu. Disons que ça aura eu le « mérite » de nous faire rentrer de plein pied dans cet Euro.

La journée était loin d’être terminée puisqu’on a encore attendu 2 bonnes heures un train pour revenir sur Nice, en compagnie de nombreux Anglais qui n’ont cessé de clamer tout le bien qu’ils pensaient des Russes et de Marseille.

Partis de Genève à 6h le matin même et de retour à Nice sur le coup des 3h du mat, notre journée aura été riche en émotions. Nous ne le savions pas encore, mais cette journée aura été la plus folle de notre séjour. Comme quoi, il se passe toujours un truc particulier lorsque je vois jouer l’Angleterre un 11 juin…

Fiche technique

11 juin 2016

Angleterre-Russie 1:1

Euro 2016, France

Stade Vélodrome, 62’343 spectateurs

Prix du billet : 105€

Matchs durant le même séjour : Pologne-Irlande du NordIrlande-SuèdeAutriche-HongrieRoumanie-Suisse, Allemagne-Pologne, Belgique-Irlande, Suisse-France, Russie-Pays de GallesCroatie-EspagneSuisse-PologneFrance-Irlande

9 commentaires sur « 2016-06-11 Angleterre-Russie : le grand n’importe quoi de bout en bout »

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