Il faut parfois savoir remuer ciel et terre pour se procurer un billet de match. Pourtant de prime abord, un match de qualification pour l’Europa League entre un club danois et un club polonais ne semble pas être le match le plus demandé du monde.

Comme d’habitude, je prends mes informations sur le site du club. La date et l’heure de l’ouverture de la billetterie sont communiqués, sans restrictions majeures. Mais deux jours plus tard des informations complémentaires sont communiquées : les places ne seront vendues qu’à des résidents danois. Et impossible de contourner le système vu qu’il faut être en possession d’un numéro d’identification que seuls les Danois peuvent posséder.

Je me tourne dès lors vers une connaissance danoise pour voir s’il est possible de faire quelque chose, mais sans succès. Il était néanmoins impensable que je n’assiste pas à ce match, il fallait donc trouver un autre moyen. Et quoi de mieux à notre époque que les réseaux sociaux ?

Je cherche donc quelques pages de supporters de Brøndby sur Facebook et Twitter et poste un message expliquant ma situation. Moins de 10 minutes plus tard, je reçois un message sur Messenger : « je peux t’avoir deux billets, dis-moi où dans le stade ». Je me méfie forcément de l’arnaque et vais consulter le profil du type, qui semble être très impliqué dans le supportérisme du côté de Brøndby ; je lui fais donc confiance. D’autant que je ne risque pas grand chose puisqu’il me propose de lui régler les billets en cash le jour du match, en passant chez lui. Pratique, vu qu’il habite à côté de la sortie de métro qu’il faut emprunter pour aller au stade.

On se pointe devant le domicile de mon nouvel ami le jour du match et après nous avoir offert une bière, il va nous chercher nos billets. Il se trouve en fait que c’est un des responsables d’un groupe de supporters locaux et qu’il était la semaine précédente en Pologne pour le match aller. Il y est allé en J9 avec des potes et me raconte qu’ils ont été plus que bien accueillis dans la belle ville de Gdansk. Il aura d’ailleurs le temps de nous raconter 2-3 anecdotes sur le chemin du stade, que nous parcourons ensemble dans sa voiture. Il nous dépose littéralement aux portes du stade, puisqu’il est au bénéfice d’un pass « handicapé ». Comme il n’a pas l’air de souffrir de quoi que ce soit, je lui demande comment ça se fait qu’il en possède un ; il me répond par un large sourire qui en dit long.

On se quitte en se promettant de reprendre contact le jour où je reviens au Danemark ou que Brøndby joue un match dans la région de Genève. On discutera encore avec quelques locaux en buvant une bière avant le match, qui semblaient surpris d’entendre des gens parler français. L’un deux ayant travaillé de longues années, on échange de longues minutes sur les raisons de notre présence ici. C’est aussi ça le groundhopping : de l’entraide et des rencontres.

Bon et finalement, ça valait la peine de faire tout ça pour ce match ? Oh que oui !

Si ce match m’attirait autant, c’était évidemment en raison des deux publics. Celui de Brøndby que j’avais eu l’occasion de découvrir quelques semaines plus tôt pour un match de championnat m’avait laissé une bonne impression tandis qu’en face, la présence d’un club polonais devait au minimum garantir une bonne prestation vocale et un peu de pyrotechnie.

Le stade est presque plein et le match a un réel enjeu : battu 2.1 en Pologne une semaine plus tôt, Brøndby doit inverser la vapeur pour se qualifier pour le prochain tour. Le scénario du match permettra à l’ambiance de rester folle tout le long de la partie, puisque les locaux s’imposeront 4:1 après les prolongations. Et voilà ce que donne le public de Brøndby lorsqu’il est content :

Du côté polonais, j’ai vu et entendu exactement que j’étais venu voir et entendre. Un parcage rempli de types qui n’ont pas les mêmes cordes vocales que nous et un joli craquage en début de 2e mi-temps. L’organisation de celui-ci était assez impressionnante : au moment du retour des joueurs, il manquait bien 100 types dans le parcage. D’un coup d’un seul, ils reviennent, s’éparpillent et craquent une trentaine de torches. A peine éteintes, les mecs ressortent du parcage, se changent (du moins on peut l’imaginer) et reviennent comme si de rien n’était.

Si un jour vous avez la chance d’aller à København, profitez-en pour faire un tour du côté de Brøndby, c’est un stade qui vaut le détour. Et si en plus vous avez la bonne idée d’y aller le jour d’un derby, vous ne devriez pas être déçu. Et obtenir un billet pour un derby sera probablement plus aisé que pour un match contre un club polonais !

Fiche technique

1er août 2019

Brøndby IF-KS Lechia Gdansk 4:1ap

Europa League qualifications, Denmark

Brøndby Stadion, 16’426 spectateurs

Prix du billet : 165DKK

Matchs durant le même séjour : Viktoria Köln-Chemnitzer FCHelsingborgs IF-Örebro SK, Silkeborg IF-Hobro IK, FC København-The New Saints, Vitesse Arnhem-Ajax Amsterdam,  Feyenoord-Sparta Rotterdam

4 commentaires sur « 2019-08-01 Brøndby IF-KS Lechia Gdansk : la persévérance, définition »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s