Si vous avez lu la première partie du récit de ce week-end 100% italien, vous savez donc que je suis retrouvé à Bologna au lieu d’assister à Atalanta-Roma. Bon, le Bologna-Juve à l’affiche était mon 2e choix ce jour-là, j’avais même envisagé la possibilité d’enchainer les deux sur la journée. Hormis le billet supplémentaire à payer, la déception est donc très relative.

Renseignement pris auprès du club, le billet sur téléphone ne suffit pas pour entrer au stade, il faut une version imprimée. Non pas que ça me dérange en temps habituel, mais mon pauvre téléphone n’a pas la version imprimante portable. Je vais donc dans un sorte de cyber café (oui, ça existe encore) sur un PC qui ressemble à s’y méprendre au premier que j’ai eu (pour vous donner une idée, il tournait sur Windows 95 à l’époque) pour aller imprimer mon précieux sésame afin de prendre, à pied, le chemin du stade.

La découverte de celui-ci sera dans le thème de ma fin d’année groundhopping : dans le brouillard. Après un match fantôme à Karlsruhe et quelques jours avant le renvoi de Clermont-Strasbourg, ce match à Bologna sera lui aussi quelque peu perturbé par ce fichu brouillard. De ma position en première mi-temps, seule la rangée de torches allumées à l’entrée des joueurs me permettra de voir la tribune opposée.

Même le parcage, très joliment garni, qui se situait juste à côté de moi était difficilement perceptible. Vraiment dommage, car j’aurais bien voulu découvrir ce stade et sa belle architecture dans de meilleures dispositions.

Le brouillard n’empêchera cependant pas la tribune des ultras locaux de se faire entendre de fort belle manière, malgré le résultat en leur défaveur et le fait qu’un bon tiers du stade est acquis à la cause de la Juve, sans surprise. C’est particulièrement frappant sur les buts où j’ai l’impression que la moitié du stade se levait. En revanche, il y a beaucoup de claques qui se sont perdues pour les types, probablement habitants de la ville ou de la région et qui ne voient jouer la Juve qu’une fois par saison, qui passent leur temps à insulter les locaux.

Mon timing est serré en fin de match, juste le temps de sauter dans un bus, puis un train, pour me ramener du côté de Milano avant les deux matchs du dimanche. Et ça commence non loin de là, du côté d’Alessandria.

Il y a des stades comme ça dans lesquels je rêve d’aller depuis une bonne vingtaine d’années et Alessandria en fait partie. Pourtant, ce n’est pas la plus grosse ambiance du pays, mais ça me rappelle les longues heures passées à écouter des K7 (oui oui !) ou des CD de chants ultras enregistrés au stade, parmi lesquels figuraient notamment ceux d’Alessandria.

La ville est pour ainsi dire morte au réveil, mais prend un certain charme dès qu’elle s’anime, notamment avec la radio diffusée dans les rues et les cafés remplis. Et pour ne rien gâcher, le stade est très proche du centre-ville, très loin de ces stades que l’on construit de nos jours à 45 minutes de transport du centre.

L’affiche du jour est plutôt sympa puisque c’est le club de Parma qui se déplace, avec dans ses buts un certain Gigi Buffon. Et surtout avec un parcage garni et coloré comme je l’espérais. A quelques jours près ça aurait été impossible, donc je savoure comme il se doit.

Parma n’est pas dans une situation sportive exceptionnelle, ce qui explique probablement que le parcage n’était pas en feu tout le long du match, mais ces ambiances typiquement italiennes restent quand même un plaisir pour les yeux et les oreilles.

Le constat est identique pour la belle tribune locale. C’est une ambiance qui n’a rien à voir avec ce que j’ai l’habitude de voir en Allemagne par exemple, une ambiance beaucoup plus « ultras » que « fans » si je peux le résumer ainsi. Plus authentique diront certains, toujours est-il que c’est avec ce genre d’ambiance que j’ai commencé à me façonner ma connaissance du mouvement ultra et ça fait du bien d’assister à des ambiance du genre.

Enfin, quoi de mieux pour clôturer le week-end qu’un petit tour dans l’un des plus beaux stades du pays (et dire qu’il va bientôt être détruit…) : San Siro, pour une belle affiche entre l’AC Milano et Napoli.

Quiconque n’est jamais allé à San Siro a clairement manqué quelque chose et se doit de corriger cela avant sa destruction. Ce stade est aussi impressionnant que beau et la simple ascension (car c’est bien de cela dont il s’agit) des tours pour aller prendre place au 3e anneau vaut le détour.

L’affiche du soir est belle, tant sur le terrain qu’en tribunes. J’avoue n’avoir que moyennement prêté attention au terrain (ça alors), mes yeux étant bien évidemment attirés par les deux virages : Sud, avec les Ultras de l’AC, et Nord avec le parcage du Napoli. Et si j’attendais ce match avec impatience, j’ai tout de même été un poil déçu des deux côtés.

Alors bien évidemment, lorsque la Sud déploie son tifo en avant-match ça en jette, et les premiers chants sont vraiment puissants. En revanche, lors du match, hormis les chants anti-napolitains (c’est-à-dire un chant sur 3 en gros), j’ai trouvé les ultras milanais peu bruyants. Peut-être que ma position au 3e anneau n’a pas aidé, mais je n’ai à aucun moment eu l’impression que c’était la folie.

Le constat est un peu identique du côté du parcage : quand il faut insulter les Milanisti tout le monde s’y met, mais pour le reste ça demeure relativement calme, malgré une ouverture du score rapide. C’est un peu dommage quand on connait le potentiel des deux tribunes, même si bon, je veux bien admettre que je deviens un peu exigeant avec le temps et que quelqu’un de moins habitué aura sûrement trouvé l’ambiance folle.

Quoiqu’il en soit, après un premier week-end italien depuis bien longtemps, j’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ces ambiances un peu différentes de ce que j’ai l’habitude de voir ces dernières années. L’Italie reste le berceau du mouvement ultra et sa découverte est probablement un indispensable quand on s’intéresse de près au mouvement.

Et comme j’ai la chance d’habiter pas trop loin, il me tarde d’y retourner. Ne serait-ce que pour aller boire des Borghetti en tribune !

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