Lors d’une « carrière » de groundhopper, les envies et objectifs que l’on se fixe évoluent au fur et à mesure que le temps passe. Chaque groundhopper a les siens et a ses propres raisons de se les fixer.

Pour ma part, l’un des (très) nombreux objectifs que j’avais en tête était d’aller voir un match dans le stade abritant le club professionnel situé le plus au Nord du monde, à savoir Tromsø IL. Pour ceux qui ne maitriseraient pas tout à fait la géographie norvégienne, Tromsø se situe à plus de 1500km au nord d’Oslo, qui se parcourent allègrement en 23h de route.

J’ai beau avec une certaine âme aventurière, je me résous à y aller en avion et décide de passer deux jours sur place ainsi qu’une journée à Oslo sur le retour. J’aurais bien évidemment voulu faire plus, mais ni mon budget ni mon solde de vacances ne sont sans fond. Et autant vous dire qu’en Norvège, le porte-monnaie prend un méchant coup.

J’arrive donc à Tromsø le vendredi soir, pour ce qui restera le deuxième plus bel atterrissage de ma vie après celui aux Iles Féroé. Le temps de prendre une navette jusqu’au centre et de m’installer dans mon auberge, je vais faire un tour en ville et trouve un pub ouvert. Un hot-dog et une bière, 20 balles. Le décor est planté.

Il serait évidemment bien dommage de résumer la Norvège à ses coûts, je ne ne vais donc pas détailler l’ensemble. Mais dans le cas où vous prévoyez d’y aller, préparez-vous psychologiquement.

Samedi matin, il fait -7° mais ça n’entrave en rien mon envie de visiter. Je me rends à pied au pied du télécabine (Fjellheisen) permettant d’aller au sommet surplombant la ville. La montée est possible à pied, mais il m’aurait fallu un peu plus de temps.

Dans la cabine, je suis accompagné par 5 Suisses-allemands (dont je me serais bien passé) et 2 Allemands originaires de Dresden, forcément. J’échange avec eux le temps de la montée, c’est un moment sympa mais en revanche, je ne suis pas sûr qu’ils aient compris à ce jour quel genre d’hurluberlu j’étais. C’est du moins comme ça que j’ai compris qu’ils me considéraient quand je leur ai dit que j’étais venu 17 fois dans leur ville.

Arrivé en haut, ce qui ne devait être qu’à la base qu’une petite promenade va se transformer en une rando de deux bonnes heures, avec parfois de la neige jusqu’aux genoux. Les paysages sont à couper le souffle et plus j’avance, moins j’ai envie de m’arrêter. Après une longue hésitation, je finis par redescendre, mais ces deux heures de dépaysement (avec personne autour) auront été parfaitement fidèles à ce que j’étais venu chercher ici.

Après ce moment hors du temps, direction le premier match du week-end. Et quoi de mieux qu’un match de 3e division norvégienne pour valider le 38e pays dans lequel j’aurais vu au moins un match de foot ?

Le décor du stade est probablement l’un des plus beaux que j’aie pu voir ; je ne peux pas en dire autant du match. Il devait y avoir 150 spectateurs présents dans des gradins encore bien enneigés. Aucun intérêt en termes d’ambiance et de foot, mais un très beau stade à ajouter à la liste.

Je repars à pied après le match, continue ma visite de la région et finis ma journée avec 25km au compteur et des souvenirs plein la tête. Et quoi de mieux pour finir la journée qu’une bonne pinte à 20€ (oups, j’avais dit que j’en parlerais plus !) ?

La journée du dimanche est aussi consacrée à la visite de la région, notamment du tremplin de saut à ski situé à l’est de la ville. Quasiment 40km parcourus à pied en deux jours, j’ai une grande pensée pour ceux qui pensent que le groundhopping ne se résume qu’à aller voir des matchs de foot.

Ceci dit, c’était quand même le but du voyage et c’est à 18h que commence le match principal de mon week-end, dans le fameux stade du Tromsø IL. Un peu plus de 2’000 personnes le garnissent, donc un cinquantaine de supporters du club adverse, basé à Hamar. Le monde est petit car il s’agit de la seule ville norvégienne dans laquelle j’avais mis les pieds auparavant, pour un match de Champions Hockey League il y a quelques années.

Agréable surprise, les locaux possèdent un petite groupe d’une centaine d’actifs qui auront chanté tout le match. Ce n’est pas la folie, mais ils auront eu le mérite de ne rien lâcher. Leur vie en déplacement en revanche, ça doit être quelque chose !

La mission de mon séjour est donc remplie et je ne regrette pas une seconde d’avoir mis ce stade dans mes objectifs prioritaires de l’année.

Après avoir mangé à l’issue du match, j’ai poireauté en vain pendant plus de 2h en espérant voir une aurore boréale, qui aurait définitivement été la cerise sur le gâteau de ce séjour. Malheureusement, le ciel s’est couvert rapidement et mes espoirs se sont vite envolés.

L’arrivée à Oslo le lendemain matin aura été particulièrement pénible. Après 2 jours loin de tout, retrouver l’agitation d’une grande ville a été un peu compliqué. Je profite tout de même de faire un tour, tout en pensant au fait qu’il faudrait que je revienne une fois, mais sans être allé m’isoler auparavant.

Le dernier match du séjour m’emmène à Stabæk, à 30 minutes d’Oslo. Le soleil est radieux et je profite de discuter quelques instants avec des supporters locaux attablés à la terras du dernier bar avant le stade. Visiblement surpris de voir un touriste ici, ils me promettent que l’ambiance est la meilleur du pays. Spoiler alert : ce n’est pas le cas.

Je suis pourtant agréablement surpris de voir les ultras locaux craquer une bonne dizaine de torches à l’entrée des joueurs, mais ça sera à peu de choses près leur seule activité du match. J’ai un peu de mal à saisir le concept de bâcher, craquer 10 torches et ne pas assurer un minimum d’activité mais bon.

Au final, ce séjour aura plus valu par son attrait touristique que footballistique, mais c’est aussi ça qui fait le charme de ces voyages. Je n’aurais pas craché sur des ambiances de feu, mais on ne peut pas tout avoir et honnêtement, la beauté des paysages suffit largement à combler les 3×90 minutes pas forcément mémorables auxquelles j’ai assisté.

Prochaine étape d’envergure, Gibraltar via l’Espagne. Pour un décor qui promet d’être tout autre.

PS : j’en ai pas parlé alors que j’ai passé mon séjour à en manger, mais n’oubliez jamais de vous gaver de roulés à la cannelle lorsque vous voyagez au Nord

PS2 : si j’avais commencé à mettre des photos des paysages, j’aurais fait exploser le quota admis sur ce site. Mais sur demande, je peux vous en envoyer quelques unes.

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